Débats sur la vaccination : inciter, convaincre ou contraindre ?(Max Lafontan – 19 juillet 2021)

Cruel dilemme, a-t-on le temps de miser sur la persuasion plutôt que sur la coercition ? Faut-il avoir recours à « la trique » ou faire appel à « l’intelligence collective » vertu chichement partagée, pour faire avancer la réflexion dans la lutte contre la Covid-19 ?

L’opposition entre la science et les multiples croyances est au cœur des débats actuels gravitant autour du vaccin contre la Covid-19. Les arguments déployés pour évoquer un choix, pour ou contre le vaccin, sont souvent très mal compris du public. Ils reposent largement sur l’adoption d’idées irrationnelles, d’opinions fantaisistes et finalement de croyances qui circulent à grande vitesse dans la sphère publique. Se joue chaque jour devant nous le rapport essentiel entre science et croyance. Les exploiteurs de l’insondable crédulité humaine se frottent les mains. À la question « à qui se fier ? » chacun va répondre sans doute : aux gens intègres et bien informés ! Mais il y a un hic, comment reconnaître de telles perles rares ? Le citoyen lambda va découvrir à l’occasion de cette pandémie, via la télévision, d’autres médias et les réseaux sociaux, que les scientifiques ne parlent pas d’une seule voix. Des scientifiques, sortant de leurs laboratoires sans grandes vertus communicantes, vont étaler des controverses face aux nombreuses incertitudes qui subsistent sur la pandémie en oubliant que leurs propos confus vont paniquer leurs auditeurs. Cette situation a été une excellente aubaine pour déconcerter le grand public en quête de certitudes. N’étant pas au fait des pratiques scientifiques et des désaccords, pourtant courants et utiles à la progression des idées en sciences, un certain nombre d’individus va paniquer et devenir vulnérable aux escrocs non scientifiques qui vont fournir des discours bien plus sommaires ou corrompus mais qui seront compris de tous. George Bernard Shaw, essayiste, acerbe, provocateur et anticonformiste, qui obtiendra le prix Nobel de littérature en 1925 écrivait : « Ce n’est pas l’incrédulité qui est dangereuse dans notre société, c’est la croyance. », Marcel Pagnol renchérissait en déclarant : « Telle est la faiblesse de notre raison : elle ne sert le plus souvent qu’à justifier nos croyances. ». Depuis le démarrage rapide de la pandémie début 2020, le gouvernement qui n’a pas pris l’exacte dimension du phénomène à ses débuts a souvent pris des mesures incomprises du public. Un mélange de décisions, parfois contradictoires, souvent mal expliquées au grand public et dans une belle cacophonie va créer une atmosphère bien loin de rassurer et propice à toutes les manipulations de populistes improvisés aux solutions sommaires.

Trêve de gesticulations et de débats, comment passer à l’action ? L’épidémie de la Covid-19 poursuit son chemin dans le monde (4 091 937 morts dans le monde le 19 juillet pour 190 millions de cas identifiés selon le décompte régulier de la Johns Hopkins University – à utiliser avec précaution ; probablement très sous-évalué dans certains pays). De nombreuses preuves statistiquement fiables montrent qu’il est indubitable qu’un bon niveau de vaccination ralentit la propagation du virus et le nombre de malades graves (c’est incontestable et validé dans de nombreux pays). Le variant Delta prospère dans de nombreux pays (et il n’est pas le seul- voir Figure ci-dessous). Parallèlement, la diffusion de bobards (fake news) est au top sur l’ensemble de la planète.

Petit coup d’œil outre-Atlantique (609 021 morts à ce jour). La semaine dernière, Joe Biden a accusé Facebook de véhiculer de fausses informations sur les vaccins et de « tuer des gens ». La chaîne Fox News, qui a longtemps soutenu l’ancien président Donald Trump, continue de propager sur son antenne des messages de scepticisme à l’égard de la vaccination anti-Covid. Facebook a balayé les critiques de Biden sans complexes, en se prévalant plutôt de « sauver des vies » avec la mise en place de mesures qui permettraient à ses utilisateurs d’avoir un meilleur accès au vaccin ! Critiquant les médias véhiculant de fausses informations sur les vaccins, le conseiller anti-Covid-19 de la Maison Blanche, Anthony Fauci, a estimé, ce samedi 17 juillet, qu’« éradiquer la variole et la poliomyélite aurait été impossible avec la désinformation actuelle ». Inquiétante régression de l’intelligence collective des nations. Comment expliquer cet immense bond en arrière ?

Que se passe-t-il chez nous ? Les contaminations à la Covid-19 repartent à la hausse. L’explosion des contaminations concerne surtout les départements d’Outre-mer, de la région parisienne et du littoral atlantique et méditerranéen accueillant de nombreux touristes en cette période estivale. Le seuil d’alerte fixé à 50 contaminations pour 100 000 habitants est largement dépassé dans une trentaine de départements avec un score de 300 dans les Pyrénées Orientales à ce jour…Allons-nous devoir affronter une quatrième vague épidémique sans délais par déficit d’immunité collective de la population ? C’est très probable. Impossible de rester les bras croisés et dans l’attentisme pour le gouvernement. Une certitude, la plupart des cas identifiés concerne les jeunes et les non-vaccinés alors que les vaccinés sont très largement protégés.

Le 12 juillet, après consultation de nombreux experts (les « sachants », honnis par la rue), le président a fait une annonce qui va secouer le pays. Fini le laxisme à l’égard des réticents à la vaccination, ras le bol des états d’âme déversés sur la toile… Il va choisir la contrainte ! Pas d’obligation formelle de vaccination pour tous, mais dans les faits un énoncé de mesures qui vont contraindre les réticents à réagir. Rendre la vie difficile aux non-vaccinés tout en leur laissant une liberté de choix… Du moins pour le moment. De quoi stimuler les graphomanes de tous bords dont je fais partie… Les anti-vax, responsables du recul de l’esprit scientifique depuis des années vont s’en donner à cœur joie. Vont se réveiller aussi pour cogner sur le gouvernement tous ceux qui se considèrent comme « des intellectuels », qui privilégient la réflexion à l’action et qui sont capables de mener des réflexions approfondies sur « la liberté individuelle » qui leur éviteront de passer à l’action et de poursuivre leur sodomisation de diptères sans limites pour flatter leur ego… Ces penseurs, souvent scientifiquement incultes, mais aptes à véhiculer un scepticisme radical et un relativisme cognitif extrême, vont sombrer dans des contorsions dilatoires pour inciter à une temporisation sans fin pour éviter de prendre une décision vis-à-vis des mesures gouvernementales et de proposer des actions concrètes.

Effet immédiat, il semblerait que l’annonce soudaine d’Emmanuel Macron sur le « pass sanitaire » et « l’obligation vaccinale » pour les soignants a fait mouche. En effet, le lundi 12 juillet 2021, le chef de l’État a annoncé l’extension du « pass sanitaire » aux lieux de culture et de loisirs ainsi que la vaccination obligatoire pour les soignants. Résultat : les Français se complaisant dans « une résistance attentiste aux vaccins » se sont rués sur le site Doctolib et les centres de vaccination ont été pris d’assaut. Bien sûr, une excellente occasion de créer un véritable embouteillage. Il faudrait désormais attendre 17 jours en moyenne (avec des délais d’un mois dans certaines régions) pour décrocher un créneau sur une plateforme de vaccination en passant par ce site… Un fait est certain, les vacances vont être sérieusement perturbées pour les attentistes vaccinaux escomptant la protection vaccinale complète… Une excellente occasion de profiter de l’aubaine pour aider à fonctionner les neurones aux activités en débandade de tels individus ! Pour eux le schéma vaccinal complet ne sera réalisé qu’à la fin des vacances ! Il va falloir aussi anticiper et penser à la préparation d’une rentrée scolaire quasi normale, avec enseignants et élèves vaccinés. La question va certainement émerger rapidement pour encore alimenter des débats. La jeunesse ne peut être sacrifiée une année scolaire de plus !

Comme le faisait remarquer récemment le chercheur et politiste Olivier Costa, « il n’y a rien d’extraordinaire à prendre des décisions un tant soit peu contraignantes pour essayer de venir à bout d’une pandémie qui a déjà fait plus de 4 millions de morts et mis l’économie mondiale au tapis. C’est ainsi que les sociétés évoluées et démocratiques fonctionnent ». Ne nous faisons pas d’illusions, en l’absence de traitements efficaces, la seule alternative reste la vaccination. On ne pourra se débarrasser aisément de la Covid-19 qui si la France mais aussi le reste du monde n’atteignent pas une couverture vaccinale de 80 à 90 %.

Réaction immédiate de la France contestataire de l’État de droit et en guerre larvée permanente contre le gouvernement ! On va entendre ou lire un peu partout, des incantations d’individus autopromus lanceurs d’alertes, souvent biberonnés aux sites conspirationnistes, et connus pour déverser régulièrement leur prose insipide de paranoïaques irrationnels sur les sites antivax. Ils se déclarent très soucieux pour « nos libertés individuelles » et n’hésitent pas à clamer qu’ils sont convaincus de vivre désormais « en dictature ». Ils vont même affirmer sans complexes que c’est la première fois qu’un vaccin est imposé à qui que ce soit en France… Faux ! On croit rêver devant de telles dérives. Ces manipulateurs pervers et dérisoires, doublés d’ignorants sont à oublier ou à neutraliser. Le retour de l’irrationalité dans le débat public sur le sujet pourtant connu de la vaccination, surtout chez nous et en particulier chez les jeunes, en dit long sur le déclin de notre système éducatif. Totalement oubliée la « révolution pastorienne » et les théories de la contagion et de sa diffusion. Au lieu de s’exciter stérilement sur l’écriture inclusive, il est urgent de retrouver le niveau de culture scientifique nécessaire au débat démocratique et de nature à nous maintenir dans les grandes nations scientifiques, la République a besoin d’enseignants et de professeurs qualifiés et respectés. Les extrêmes combattent le système éducatif en attaquant ce qui a fait la gloire de la science en France. Ils bernent l’homme de la rue en lui faisant croire qu’il aurait toujours raison. Les leaders de la contestation flirtent avec la doctrine du Tribunal révolutionnaire qui en 1793, condamnait à mort le chimiste Lavoisier en clamant : « La République n’a pas besoin de savants. ». Il est vrai que le Tribunal révolutionnaire restait dans la logique de la Convention qui avait supprimé quelque temps auparavant, l’Académie des Sciences.

Petite remarque pour identifier l’origine de la contestation de rue. (Le chiffre mis en avant est de 100 000 à 140 000 participants en France). Des manifestations d’ampleur variable vont se dérouler dans diverses villes de France1. Des micros-trottoirs circulent avec des interviews de manifestants désespérants de nullité et d’ignorance. Pour savoir où nous en sommes, jetons un coup d’oeil dans les manifestants « contre la dictature » du samedi 17 juillet à Paris. Des slogans tels que « Liberté », « Non à la dictature sanitaire », « Macron démission », « Macron dictateur », ou « non au « pass sanitaire », stop à la dictature » donnent le ton. Elles permettent de vite découvrir les leaders de cette cohorte hétérogène de manifestants contestataires. En effet, en tête d’un des cortèges, où fleurissaient les drapeaux français, figurait un agitateur qui n’est pas un perdreau de l’année, Florian Philippot ex-numéro 2 du Front national entouré de la députée ex-LREM Martine Wonner, une covidosceptique illuminée incitant à une rébellion active contre les centres de vaccination et les permanences parlementaires. On va y voir également le chanteur botté à catogan, Francis Lalanne. Dangereux révolutionnaire de papier, qui réclamait déjà (dans le torchon France Soir qui lui avait attribué un espace pour se livrer à ses délires) en toute simplicité : « de mettre L’État hors d’état de nuire ». Lors de la manifestation, exalté comme jamais ou dopé probablement aux amphétamines, il ne va pas épargner le chef de l’État « Aussi, citoyennes et citoyens, il ne nous reste plus qu’une seule solution, puisque l’Assemblée nationale ne veut pas destituer le tyran, il faut que ce soit le peuple français tout entier qui le fasse ». Combien de divisions prêtes à en découdre sur les trottoirs avec de tels chefs de guerre ? Dérisoire gesticulation d’un ridicule pantin qui s’agite pour tenter d’exister en quête éperdue de survie médiatique. L’ex-égérie des « gilets jaunes » Jacline Mouraud, une revenante sera aussi de la partie pour profiter de l’aubaine… Tout comme le « gilet jaune » Jérôme Rodriguez qui passe régulièrement ses fins de semaine dans la rue depuis plus de deux ans et ayant assis sa gloire sur la perte d’un oeil à la suite des répressions policières, se rappelle aussi à notre bon souvenir en manifestant lui aussi contre la dictature. Rien que du beau monde fiable, rationnel, digne de sérieux, fourmillant d’idées novatrices à base de « Yaka », « Faut qu’on » ! Les sites complotistes sont chauffés à blanc et inondent la toile. Cerise sur le gâteau, un politique de seconde zone, Nicolas Dupont-Aignan, président du groupuscule Debout la France, agrégeant une partie de la bonne droite rancie, a tenu une conférence de presse devant le Conseil constitutionnel afin de dénoncer un « abus de pouvoir sans précédent » et un « coup d’État sanitaire ». Avec le « pass sanitaire » dans la vie quotidienne, c’est selon lui le « début d’un engrenage vers une dictature ». Tout en nuances ! Heureusement des responsables politiques locaux de tous bords vont être bien plus circonspects face à ces contestations et soutenir les projets du gouvernement

Autre cas de figure, dès le 16 juillet 2021, même Jean-Luc Mélenchon, le Président du groupe parlementaire de La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale a prononcé une allocution pour réagir à la décision du gouvernement de mettre en place un « pass sanitaire ». Marchant sur des œufs, tout en rabâchant un peu selon son habitude, ce grand démocrate va dénoncer la société de contrôle permanent dans laquelle nous vivons. Prudent tout de même, le leader des Insoumis va rappeler qu’à l’instar de l’OMS, que les Insoumis préfèrent convaincre pour une acceptation de la vaccination plutôt que de contraindre, mais sans proposer la recette magique. Un appel à l’intelligence critique, vertu bien mal partagée, hélas, dans la population qui va manifester. Il va également appeler à faire redescendre le niveau de tension sociale en rappelant l’importance de conserver l’unité du peuple français face à la gravité de la situation politique et économique. Enfin, il a rappelé que le vaccin librement consenti n’était pas un apartheid et a réfuté les délires de certains assimilant honteusement les soignants réfractaires à la vaccination à des victimes de la Shoah.

Petite parenthèse perverse, je suis consterné d’entendre évoquer une dictature par des gens qui sont dans la rue et qui se situent en général aux deux extrêmes de l’échiquier politique national. Ils semblent vouloir oublier bien vite, pour les plus âgés du moins, qu’ils ont souvent soutenu au fil des décennies et sans broncher, ceux qui ont engendré les pires dictatures et les massacres massifs de populations dans le monde ! Il faut aussi se rendre à l’évidence, la défiance vaccinale en France reposant sur des peurs irrationnelles largement exploitées par les antivax et officines de médecines parallèles est un phénomène minoritaire mais loin d’être marginal. La forte réticence des plus jeunes et des catégories populaires (48 % des 18-24 ans seraient hostiles à la vaccination obligatoire chez les jeunes et 56 % chez les ouvriers et employés) attire l’attention sur ces groupes sociaux et les effets pervers des inégalités sociales. Les jeunes sont encore en cours d’études et les autres sont peu éduqués sur les sujets abordés. En fait, ces attitudes incohérentes témoignent du recul dramatique de la culture scientifique dans des pans entiers de la population en France. Il faut le clamer haut et fort son indignation, contre les démagogues et la pensée post-moderniste affectant scepticisme radical et relativisme cognitif outrancier. Ne nous y trompons pas face aux déclarations de ces oiseaux de mauvais augure : « la République a besoin de savants ! »

Rappelons aussi aux gens qui comparent de façon totalement scandaleuse le sort des soignants récalcitrants à la vaccination mais qui vont être obligés de se vacciner contre la Covid-19 à celui des juifs en France en 1942, que les soignants sont depuis longtemps tenus d’avoir un certain nombre de vaccins (diphtérie-tétanos-polio (DTP), hépatite B, tuberculose), et même d’autres parfois selon leurs fonctions ou leurs affectations. La vaccination assure leur propre sécurité et surtout celle de leurs patients. Les mots doivent garder leur sens au risque de déboucher sur des discours honteux ou dérisoires. Remettre la raison au centre de nos préoccupations. Revenons sur l’obligation vaccinale, qui existe depuis des décennies. Rappelons que les maladies infantiles, tuent encore dans de nombreux pays du Sud qui n’ont pas accès aux vaccins et tuaient encore les enfants et des adultes par milliers chez nous au XXe siècle. Tout le monde a également oublié les milliers d’autres enfants estropiés par la poliomyélite. Ces maladies ont été éradiquées grâce à la vaccination obligatoire (typhoïde, choléra, variole, tuberculose, poliomyélite…). Je conseille aux curieux la lecture de cet ouvrage (Patrick Berche et Stanis Perez « Pandémies, des origines à la COVID-19 » (Editions Perrin, Paris, avril 2 021)) pour avoir une vision synthétique sur les pandémies afin de remettre leurs connaissances à jour sur un sujet complexe. Dans l’histoire des maladies, il faut rappeler sans cesse que quand nous avons voulu éradiquer rapidement des épidémies, comme la variole ou la polio, nous sommes passés par une obligation vaccinale pour tous les citoyens. Il faut rappeler à ce type de délirants qui gesticulent dans nos rues, que se faire vacciner, c’est, justement, ce qui permet d’agir pour l’intérêt général et pour les libertés individuelles… Parler de dictature est ridicule. Il ne faut pas oublier que pour inscrire un enfant à l’école, dans un club de sport ou en colonie de vacances, la vaccination est obligatoire depuis des décennies pour contrecarrer les attitudes dangereuses de parents irresponsables. Il faut depuis des décennies présenter un carnet de vaccination à jour et c’est heureux. Les parents qui dérogent à l’obligation vaccinale pour leurs enfants sont passibles d’une amende de 3 750 euros et peuvent voir leur responsabilité pénale engagée. Un point à retenir pour des parents qui empêcheraient leurs adolescents de se vacciner et entraver de ce fait leur liberté de circulation ou de fréquentation des lieux éducatifs.

Certaines de ces maladies refont surface dans des pays où la situation sanitaire est déplorable à la suite de l’apparition de nouveaux variants des agents infectieux ou l’apparition d’une antibiorésistance de certains germes bactériens. Mais elles réapparaissent aussi chez nous à la suite de l’arrivée de migrants venant de zones contaminées et comme conséquence des discours obscurantistes servis lors des campagnes des anti-vaccins. Les multiples interventions de gourous des médecines parallèles vont faire le reste. Comment ignorance et crédulité permettent à de tels illuminés de sévir ? Ceux qui recommandent une bonne décoction de prêle, le recours au crudivorisme, la pratique d’exercices respiratoires exotiques, en allant même jusqu’à une médaille de Ste Rita ou des prières à Jéhovah sont de dangereux obscurantistes. Ceux qui font la promotion de pratiques magiques comme étant aussi efficaces contre la variole ou la Covid-19 qu’un vaccin sont des criminels en puissance et doivent être dénoncés très régulièrement. L’écrivain et penseur politique anglais du début du XXe, Gilbert K. Chesterton (1874-1936), de religion anglicane puis converti sur le tard au catholicisme et à l’apologétique chrétienne, a fait une déclaration qui garde son actualité : « Quand les hommes ne croiront plus en Dieu, ils ne croiront plus à rien… Ils croiront à n’importe quoi ». Gustave Flaubert, de son côté ironisait : « Quand le peuple ne croira plus à l’Immaculée Conception, il croira aux tables tournantes ». Nous y sommes, avec Alan Sokal (4 Alain Sokal « Pseudosciences et postmodernisme. Adversaires ou compagnons de route » (Editions Odile Jacob, 2005) on constate que le relativisme cognitif extrême et l’émergence d’un scepticisme radical font le lit des « pseudosciences » – médecines parallèles, astrologie, sectes diverses, religions – qui exploitent l’insondable crédulité humaine.

Un des scandales nationaux actuels est le déficit de vaccination des soignants et des personnels travaillant dans les EHPADs et les hôpitaux. Nous sommes, de loin les plus pitoyables en Europe. Désolant pour un pays qui a été celui de la « révolution pastorienne », largement ignorée de nos jours. La conjuration des imbéciles et des obscurantistes va-t-elle également faire autorité face à l’urgence de la situation dans les établissements de soins ? En juin 2021, les données de santé publique signalent un grand décalage selon les métiers des soignants : 72,2 % des médecins avaient reçu une première injection, contre 58,7 % des infirmiers et 50 % des aides-soignants. Dans les EHPADs, les chiffres du 8 juillet 2021 étaient de 61,1 % de personnels vaccinés d’une première dose. Le personnel soignant qui refuse de se faire vacciner contre le Covid-19 au nom de sa liberté individuelle tient un discours totalement inacceptable. Ceux qui prétendent remplacer la vaccination par des tests de PCR coûteux et à répétition ne verraient aucun inconvénient à faire supporter leur attitude individuelle pitoyable par les deniers de la communauté nationale. Il est temps d’arrêter ce laxisme et de les faire passer à la caisse. Tous les individus antivax prêts à opter pour cette option doivent également payer leurs tests de PCR répétitifs.

Une grande partie de la communauté médicale nationale s’est prononcée en faveur d’une telle obligation vaccinale. À l’issue d’une rencontre avec le ministre de la santé, Olivier Véran, une quinzaine d’Ordres des professions de santé, notamment médecins et infirmiers, fédérations d’établissements sanitaires et médico-sociaux, se sont exprimés en signant un texte pour le « vote d’une loi dans les plus brefs délais si cela s’avère nécessaire ». Le responsable à la tête de la Fédération hospitalière de France Frédéric Valletoux, a déclaré : « Nous défendons l’obli-gation depuis le début de la campagne pour les soignants comme pour tous ceux qui prennent en charge des personnes dites fragiles ». Il va même plus loin. Il préconise une extension de cette obligation à toutes les professions en interface avec un large public comme les enseignants, les restaurateurs, les pompiers, les policiers, les militaires… Selon son opinion, cette obligation par trop ciblée aurait un effet stigmatisant en insistant sur une seule communauté et serait peut-être mieux acceptée si élargie à une population plus importante.

Oubliant toute introspection éthique et déontologique, et promouvant une certaine confusion, certains soignants jouent aux victimes effarouchées face à la fermeté des discours gouvernementaux. Ils insistent lourdement sur la stigmatisation en oubliant la déontologie ! Les positions syndicales sur cette question ne brillent pas par leur limpidité. Christophe Prudhomme, de la CGT Santé affirme en louvoyant « On est tous d’accord sur l’objectif d’atteindre 90 % de la population vaccinée le plus vite possible, mais l’urgence n’est pas l’obligation vaccinale pour les soignants, il faut aller chercher tous ceux qui ne sont pas encore vaccinés en passant par la conviction et en facilitant les conditions de vaccination. ». Belle aubaine pour botter en touche et de dénoncer que le discours en direction des soignants est avant tout « méprisant, stigmatisant et dégradant ». La grosse ficelle syndicale usuelle pour se défausser alors que tout malade ayant fréquenté un hôpital n’ostracise pas tous les soignants et sait reconnaître leur engagement. Thierry Amouroux, infirmier porte-parole du SNPI-CFE-CGC, également opposé à l’obligation déclare « La vaccination est un impératif moral et déontologique, mais la communication du gouvernement est particulièrement choquante. On jette en pâture les soignants, qui passent du statut de héros à celui de parias, on sert de bouc émissaire, alors que l’on ne dispose même pas de données fiables sur la question ». Le futur malade est tout de même en droit de s’interroger sur la qualité des formations dispensées à de tels « supposés soignants » dépourvus de toute notion de responsabilité collective et qui occupent des places inadaptées pour assumer un service au public en phase de pandémie. Je considère que l’attitude des soignants réfractaires à la vaccination est scandaleuse et relève de la faute professionnelle.

Autre profession à poser des questions sur l’obligation vaccinale. Après avoir longuement épilogué avec raison (et avec un soutien marqué de leurs syndicats) sur les risques encourus par les enseignants lorsque les vaccins n’étaient pas disponibles, certains membres du corps enseignant font preuve aujourd’hui d’un enthousiasme très modéré pour le « pass sanitaire » et « la vaccination obligatoire ». D’où vient ce nouvel accès de frilosité de responsables de l’édu-cation à la citoyenneté des enfants ? J’ai conscience avec des preuves personnelles à l’appui, que le corps enseignant est loin de briller par une grande culture scientifique à l’exception des ceux qui enseignent les sciences de la vie ou la physique. Une récente position syndicale me paraît par contre particulièrement fallacieuse. La cosecrétaire du SNUipp-FSU, jouant au pompier pyromane va affirmer avec un certain toupet : « L’obligation a quelque chose de contre-productif, on ne voudrait pas arriver à ce que des enseignants n’aillent pas travailler à cause de cela ». Pitoyable attitude aux confins d’un chantage poussant à la démobilisation des enseignants. L’École laïque et obligatoire qui m’a permis, grâce au travail de mes éducateurs, de découvrir les penseurs du Siècle des lumières et la révolution pastorienne et de m’extraire des ténèbres religieuses et de ma condition de petit paysan me paraît bien mal en point. La nouvelle génération d’éducateurs peureux n’a plus rien à voir avec celle des « hussards noirs de la République » qui m’ont formé. Comme le remarquait récemment Jacques Julliard nous assistons à une progression vers une « école de la bienveillance » et du laxisme, tolérante au réveil des obscurantismes de tous bords et très permissive vis-à-vis du crétinisme bêtifiant servi par les médias numériques et les réseaux sociaux.

Poussons un peu, un tel discours véhiculé sur cette question de liberté individuelle. Ces bons samaritains soignants dévoyés, ou ces enseignants frileux, parleraient-ils de liberté individuelle pour un chauffeur de bus scolaire transportant leurs propres enfants ou un conducteur de train qui voudraient que l’on respecte leur liberté individuelle de carburer au petit rosé ou au Ricard ou de se taper une « petite fumette de hasch » pour calmer leur stress dès le petit-déjeuner. Que penser aussi de l’infirmier, du médecin ou du dentiste qui refuseraient de se désinfecter les mains entre deux patients sous prétexte que cette pratique vient heurter leur liberté individuelle. On pourrait trouver de nombreux autres exemples comme la liberté individuelle de l’enseignant dont voudrait se réclamer un pédagogue contestataire des règles de l’accord du participe passé ou de l’étude des mathématiques ou des sciences de la vie. Jusqu’où voulons nous aller dans la déconstruction? Il est temps de remettre certaines pendules à l’heure. L’État ne peut pas tout contre les mauvais citoyens enfermés dans leurs égoïsmes ou des aveuglements idéologiques en face d’une pandémie socialement déstructurante. Dans une société atomisée par les individualismes et face au renfermement sur des écrans souvent diffuseurs de messages toxiques, qui peut encore faire appel à la communauté nationale et à la notion de service public en dehors de l’État ?

Sans vouloir semer le trouble dans des esprits déjà bien perturbés, il y a également une question délicate et rarement évoquée qui pourrait nous compliquer l’existence et les règles de protection mises en place jusqu’à ce jour. Il faudrait savoir combien de temps peut durer l’immunité après une infection par le virus SARS-CoV-2 ou après la vaccination. Pour certains virus, comme l’herpès virus de la varicelle-zona (appelé VZV, pour varicella-zoster virus) qui cause la varicelle ou des bactéries comme le tétanos (bactérie Clostridium tetani), l’immunité acquise peut durer des décennies. Pour d’autres familles virales, comme celle des coronavirus qui comprennent le SARS-CoV-2 mais aussi des rhumes plus bénins, le virus a un taux de mutation relativement élevé qui pourrait protéger les nouvelles souches à l’égard de nos anticorps élaborés post-vaccination. Cette incertitude est difficile, voire impossible à décrire avec précision. On doit réaliser des rappels de vaccins réguliers pour lutter contre l’émergence des variants antigéniques du virus grippal. Faudra-t-il subir les mêmes inconvénients avec le SARS-CoV-2 ? Face au dilemme, de nombreux épidémiologistes modélisateurs supposent que, pour le moment du moins, ceux qui ont été infectés sont immunisés ! Les mathématiciens et épidémiologistes créateurs de modèles de progression de la pandémie sont confrontés à diverses priorités plus ou moins contradictoires lors de la modélisation des effets des vaccins. Quelle est la durée escomptée de l’immunité acquise après vaccination ? Ces vaccins doivent-ils ralentir la transmission virale, limiter les hospitalisations lourdes ou prévenir les décès des plus fragiles ? Il n’est pas exclu un risque d’extension de formes graves de la maladie aux plus jeunes, dans ce cas comment la limiter en l’absence de vaccination?

En dehors de confusion cacophonique française, les Australiens, les Néo-zélandais, les Chinois ont opté pour des méthodes radicales de confinement acceptées de tous. Existe-t-il une pathologie nationale se caractérisant par une propension à la contestation pour la contestation, ignorant les réalités épidémiques du moment ? De nombreux problèmes techniques importants limitent la diffusion vaccinale dans de nombreux pays qui aspirent à la vaccination. Les vaccins à ARN nécessitent des contrôles de température stricts. De ce fait, ils sont inutilisables pour
une grande partie du monde en développement et à couverture sanitaire précaire. Une étude récente de McKinsey a révélé qu’un vaccin nécessitant des règles strictes de conservation au froid ne serait accessible qu’à environ 2,5 milliards de personnes dans 25 pays. De grandes parties de l’Afrique, de l’Amérique du Sud et de l’Asie, où les congélateurs ultra-froids sont rares, seraient laissées de côté. « La conséquence est de renforcer le biais stupéfiant en faveur des quelques pays riches et puissants » selon le professeur Morrison du Center for Strategic and International Studies. Au train où se développent l’accès à des vaccins et les cadences des vaccinations dans les pays pauvres, il va falloir plus de 20 ans pour espérer une couverture vaccinale planétaire et le virus aura de belles années devant lui pour produire des variants dans les populations exposées qui pourront les diffuser au fil de leurs migrations ou des rencontres avec les affairistes ou les touristes qui leur rendent visite. Les réticences des industriels à partager les brevets avec les pays pauvres me paraissent moralement condamnables et fait l’objet d’âpres discussions. Espérons que la sagesse prévaudra et que la vaccination sera accélérée au niveau planétaire.

Face à de telles incertitudes, il est essentiel, comme nous le rappelait récemment le politologue, directeur de recherches au CNRS, Olivier Costa que « dans nos démocraties contemporaines, la liberté individuelle s’arrête là où commence celle des autres, mais également là où commence l’intérêt collectif ainsi que pour certaines activités de la sphère privée ». Il est clair pour tous qu’on n’a pas le droit d’empoisonner l’eau du puits d’un voisin envahissant, de tirer au fusil sur ses voisins bruyants. Il est interdit de rouler à 200 km/h sur l’autoroute, ou à plus de 50 km/h en ville même si on se considère comme un génie de conduite et que l’on est pressé. Il est interdit de cogner sur sa femme ou ses enfants mineurs, même dans l’intimité du domicile et à des fins éducatives contestables… En allant plus loin, on n’a même pas le droit de consommer de la cocaïne à son domicile sans ennuyer qui que ce soit.

Il est de bon aloi d’affirmer que l’État doit se rappeler que la démocratie n’existe qu’avec des citoyens libres, éclairés et responsables. Bien sûr, ce sera le seul moyen de sortir de la crise sanitaire de façon responsable. Que fait-on des citoyens captifs des sites complotistes, incultes et particulièrement obtus, ignorants de la révolution pastorienne, et très largement aux conduites égoïstes et irresponsables ? Les adultes les plus à risque de contracter et de mourir de la Covid-19 (les populations âgées ou souffrant de comorbidités) bénéficient du droit de refuser la vaccination. Faut-il cyniquement laisser opérer un darwinisme sociobiologique qui pourrait tendre, selon l’évolution de la Covid-19, à l’éradication des plus réfractaires à toute intervention thérapeutique dans l’option de l’apparition d’un variant plus létal ? De tels individus devraient-ils signer une décharge pour s’exempter de recours à des soins hospitaliers en cas d’apparition de la maladie ? Avoir le courage d’assumer ses délires jusqu’aux dernières extrémités ! Comme par un heureux hasard, les premiers de ces réfractaires commencent à envahir les lits d’hôpital…Oubli d’une position imbécile qui va mettre leur vie en danger et perturber la vie des soignants ? Faut-il attendre que les chiffres parlent pour se prononcer lorsqu’une proportion non négligeable de la population sera liquidée ?

Une autre question importante se pose aussi à l’humanité et à tous les épidémiologistes de la planète. Comme le rappelle le philosophe slovène, Slavoj Zizek « les épidémies virales viennent rappeler à notre bon souvenir la contingence absolue et l’insignifiance de nos existences ». D’où viendront les prochaines pandémies ? Une étude australienne récemment publiée par l’épidémiologiste Michaël Walsh de l’université de Sydney et ses collègues, a identifié les « zones de contact » susceptibles de voir apparaître les maladies émergentes et de les diffuser rapidement dans le monde entier (Walsch M. G. et al. « Whence the next pandemic? The intersecting global geography of the animal-human interface, poor health systems and air transit centrality reveals conduits for high-impact spillover », One Health, 2020 (December 2020). volume XI : 100177.

Lueurs d’espoir dans la morosité ambiante ?

Lueurs d’espoir dans la morosité ambiante ?
Max LAFONTAN, Directeur de Recherches émérite Inserm – Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. (Le 29 novembre 2020).

« La sauvegarde de la vérité dépend moins de son
affirmation réitérée que de la reconnaissance de ses limites. »
Max Horkheimer

En cette mi-novembre 2020, la COVID-19 a tué 1,3 million de personnes dans le monde dont plus de 245 000 rien qu’aux États-Unis et plus de 40 000 en France. Des résultats récents sur les vaccins apportent une lueur d’espoir dans la morosité qui frappe les pays de l’hémisphère Nord confrontés à une seconde vague épidémique et à une tension au sein du monde hospitalier. Afin de s’informer sainement, il est essentiel d’écarter la profusion de rumeurs et d’informations fantaisistes (très abondantes sur les réseaux sociaux). Des conseils pratiques évolutifs en fonction de la progression de la situation mondiale sont fournis sur le site de l’OMS : https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/situation-reports.
La société pharmaceutique américaine Moderna a annoncé aujourd’hui (16 novembre 2020) que les premiers essais de son « vaccin à ARN » contre la COVID-19 montrent qu’il est efficace à 94,5 %. La nouvelle vient juste après une annonce similaire de Pfizer/BioNTech la semaine dernière qui a également rapporté que son propre « vaccin à ARN » contre la COVID-19 était efficace à plus de 90 %. Le fait d’avoir deux vaccins en cours de finalisation et deux entreprises prêtes à les fabriquer nous prépare-il un avenir plus radieux ?
On assiste à un emballement de pas mal d’experts autour des avantages « des vaccins à ARN ». Ils bousculent les démarches vaccinales usuelles et permettent de produire des vaccins rapidement et en grande quantité. En effet, l’avantage majeur est qu’avec cette méthode, il est inutile de cultiver un pathogène en laboratoire (sur des cellules en culture ou des œufs de poule) pour préparer un vaccin (opérations qui peuvent prendre pas mal de temps). Dans le cas de ces « vaccins à ARN » (pour être plus précis « vaccins à ARN messagers » – « vaccins à ARNm »), ce sont les cellules de l’organisme du vacciné qui vont faire tout le travail. On comprendra que pour cette raison ces vaccins sont beaucoup plus rapides à mettre au point . Seule limite, jusqu’à ces derniers jours, il n’existait aucun vaccin reconnu (validé) faisant appel à cette technique.
Comment ça marche ? Pfizer/BioNTech et Moderna exploitent une piste innovante en vaccinologie et développent donc un « vaccin à ARNm ». Le principe est assez simple, la technologie dite de « l’ARN messager (ARNm) » met l’organisme à contribution en lui indiquant comment se défendre face au virus. Elle repose sur l’injection dans l’organisme des brins d’instructions génétiques appelées « ARN messager » ; messager qui va indiquer à la cellule ce qu’il faut produire. Toute cellule de notre organisme est une mini-usine à fabrication de protéines. Les instructions génétiques sont contenues normalement dans l’ADN du noyau ; ADN qui normalement orchestre la production d’ARN messagers codant pour des protéines à synthétiser. Dans le cas du vaccin, c’est l’ARN messager du vaccin qui va s’insérer dans la cellule et prendre le contrôle de cette machinerie de synthèse protéique pour faire fabriquer un antigène spécifique du SARS-CoV-2 : la «spicule» ou « protéine de pointe » (protéine S pour Spike) du coronavirus. Cette protéine est utilisée par SARS-CoV-2 pour envahir les cellules de sa victime. Elle est localisée à sa surface et lui permet de s’attacher aux récepteurs spécifiques des cellules humaines pour les pénétrer.

Le principe opérationnel est simple : on injecte dans le corps d’une personne un morceau de matériel génétique (ARNm) qui contient les instructions sur la façon de fabriquer de la protéine de pointe (protéine S de l’enveloppe virale) . Une fois le vaccin administré, le corps de la personne traitée utilisera ces instructions apportées par l’ARNm pour créer sa propre version de la protéine de pointe. Lorsque le système immunitaire de la personne traitée va repérer ces protéines élaborées par le système de synthèse des protéines du vacciné libérées dans l’organisme, il va mettre en place des défenses contre cette protéine néoformée. De ce fait, il repoussera également à l’avenir de vrais intrus viraux.
Récapitulons sommairement les étapes :
– L’ARN messager (ARNm) est synthétisé et optimisé en laboratoire en se référant à la molécule d’ARNm virale native. Son rôle va être de transmettre les consignes (contenues dans les séquences des bases de la molécule d’ARNm) aux cellules de l’hôte à vacciner. L’ARNm est produit par un processus de transcription in vitro sans aucune cellule de mammifère, donc il n’y a aucun risque d’insérer de virus adventices.
– L’ARNm est injecté dans le corps de la personne à vacciner. Les molécules d’ARNm sont assemblées dans des capsules « chimiques, souvent lipidiques » qui permettent de franchir la membrane des cellules et de libérer l’ARNm au niveau du cytoplasme et du réticulum endoplasmique.
– Les cellules qui sont localisées autour du site de l’injection vont se mettre à produire, de façon transitoire, une des protéines importantes du virus SARS-CoV-2 (La nature des cellules productrices n’est pas totalement bien appréhendée – cellules de l’immunité innée, autres…).
– En effet, l’ARNm va donner aux cellules qui l’intègrent l’ordre de fabriquer la protéine spécifique du SARS-CoV-2. Il s’agit de la protéine de pointe des spicules virales (protéine S de l’enveloppe virale) qui est utilisée par le SARS-CoV-2 pour envahir les cellules de sa victime.
– Cette protéine, inoffensive en elle-même, va sortir des cellules qui la fabriquent et sera rapidement détectée par les cellules du système immunitaire.
– Les lymphocytes B et T vont s’activer et produire d’une part des anticorps dirigés contre le coronavirus et activer d’autre part, des lymphocytes T (tueurs) capables de détruire les cellules infectées par le virus.
– Il faut espérer que ces anticorps et l’activation du système immunitaire vont avoir une activité durable et être capables de monter la garde pour une longue durée, du moins on l’espère.
– La veille antiépidémique de l’organisme sera assurée par une petite population de cellules B et T « mémoire » qui vont assumer un état de veille.
Problèmes de chiffres : Les deux sociétés espèrent que la FDA (Food and Drug Administration) américaine va accélérer son processus d’approbation. Mais avant que cela ne se produise, des évaluateurs indépendants devront à nouveau examiner les résultats fournis par les sociétés de production. Le score de 90 % de Pfizer/BioNTech est basé sur un essai portant sur plus de 40 000 personnes, dans lequel 85 des 94 personnes malades n’avaient pas été vaccinées. Le score de Moderna provient d’un essai de plus de 30 000 personnes dans lequel 90 personnes sur 95 tombées malades n’avaient pas été vaccinées . Moderna a également signalé que les 11 cas graves de son essai appartenaient au groupe non vacciné et que la vaccination n’a pas révélé de nuisances majeures du vaccin.
Comme très souvent, en biologie, il faut éviter les emballements intempestifs et savoir évoquer les problèmes qui restent à résoudre. Tout d’abord, les deux sociétés reconnaissent que les résultats affichés au moment de leur communication pourraient évoluer au fur et à mesure que de plus en plus de personnes qui participent aux essais tomberont malades. Deux autres mises en garde importantes doivent aussi retenir l’attention : tout d’abord, nous ne savons pas encore combien de temps l’immunité se poursuivra . Deuxièmement, on ignore si les vaccins empêcheront les gens de propager SARS-CoV-2 et de prévenir les symptômes. Une autre limite plus technique concerne les conditions d’utilisation de ces vaccins à ARNm (réputés peu stables). Ils doivent être impérativement conservés au froid. Le vaccin de chez Pfizer/BioNTech doit être conservé à -70 °C. Celui de chez Moderna, semble stable à – 20 °C, et pourrait être conservé jusqu’à un mois dans un réfrigérateur normal (selon les informations avancées). Les deux vaccins nécessitent également deux injections administrées à quelques semaines d’intervalle pour fonctionner correctement. Autre obstacle important à mentionner, la protéine du coronavirus ne va pas être produite en permanence par les cellules du vacciné. Le processus à la base de sa production risque de s’arrêter rapidement car, comme pour tout vaccin, le système immunitaire va faire son travail et va, via ses lymphocytes T tueurs, normalement détruire les cellules impliquées dans la production de la protéine virale immunogène. Le processus de production est donc appelé à s’éteindre de lui-même. Les durées d’efficacité restent à préciser et demanderont du temps. Espérons que l’opération de vaccination initiale armera durablement la réponse du système immunitaire, sinon, la procédure d’administration vaccinale devra être répétée régulièrement (3 mois à 6 mois – ce qui est court ? Espéré un an ou plus ?).
Parmi les questions plus fondamentales, mais importantes, qui se posent autour des vaccins utilisant des molécules vaccinantes à instructions génétiques, à l’heure actuelle, aucun vaccin à ADN ou ARN n’a été approuvé pour l’homme. Par contre, des vaccins à ADN existent pour des usages vétérinaires : chevaux, chiens, saumons… Certains laboratoires se sont engagés dans la production de vaccins à ADN, molécule beaucoup plus stable qu’un ARNm. Pourquoi ce choix ? De sérieux débats d’experts subsistent : ADN ou ARNm ? Les interrogations difficiles concernent l’intégration éventuelle de l’ARNm de la construction vaccinale dans le génome du vacciné. Il faut noter qu’un ARNm a une durée de vie réduite et ne peut pas s’intégrer dans le génome humain (qui est constitué d’ADN). Pour qu’un ARNm puisse s’intégrer dans le génome, il lui faut franchir des étapes complexes, il doit être transcrit de façon inverse pour passer de l’ARNm à l’ADN ; ce processus, nommé rétrotranscription ne se fait pas spontanément dans les cellules. L’intégration suppose la présence de deux protéines enzymatiques : une transcriptase inverse ou rétrotranscriptase et une intégrase , qui coupe l’ADN de la cellule hôte et ajoute le brin d’ADN issu de la réplication de l’ARN. À ma connaissance ces deux protéines ne sont pas présentes dans les vaccins, ni dans une cellule saine. Elles sont supposées pouvoir être apportées et/ou synthétisées par un virus de la famille des rétrovirus (type virus du VIH), dont c’est le mode de fonctionnement.
Quoi qu’il en soit et face aux questions qui subsistent, les résultats des essais cliniques de la phase III semblent avoir dépassé toutes les attentes. Anthony Fauci, immunologiste américain, directeur de l’Institut National des Allergies et Maladies Infectieuses (National Institutes of Allergy and Infectious Disease) centre de recherche du Ministère américain de la Santé et animateur de la White House Coronavirus Task Force était au départ réticent sur l’utilisation de cette stratégie innovante qui n’avait jamais fait ses preuves de façon convaincante jusqu’ici en vaccinologie. Face aux annonces de Moderna et Pfizer/BioNTech, Anthony Fauci a reconnu :« J’avais dit que je serais satisfait d’un vaccin efficace à 75 % », « Idéalement, on aimerait accéder à 90-95 % d’efficacité, mais je ne m’y attendais pas. Je pensais que nous serions bons, mais 94,5 %, c’est très impressionnant ».
En conclusion, la COVID-19 a donné un énorme coup d’accélérateur à ces nouveaux vaccins à ARN messager, en particulier grâce à des financements publics. Le gouvernement américain, a déjà signé un contrat de 1,95 milliard de dollars avec Pfizer/BioNTech pour la livraison de 100 millions de doses, si jamais le vaccin était approuvé par la FDA. Moderna qui est une petite société de biotechnologie américaine, a aussi été subventionnée à hauteur de 2,5 milliards de dollars pour développer le vaccin et produire 100 millions de doses. Toutes ces doses seront livrées aux États-Unis, qui espèrent commencer à vacciner les personnes vulnérables avant la fin de l’année. Si l’efficacité de la technologie des « vaccins à ARNm » est prouvée pour la COVID-19, il est probable qu’elle sera probablement la voie prometteuse à prendre en compte pour la création de nombreux autres vaccins. Elle est déjà très importante dans la production d’anticorps monoclonaux (plus de 80 différents à ce jour). La société Moderna, pionnière dans le domaine, tente de développer des vaccins à l’ARN messager contre le virus Zika, la grippe, le virus d’Epstein-Barr (mononucléose), le virus respiratoire syncytial (bronchiolite…), le cytomégalovirus (souvent sans gravité mais peut poser un risque chez le fœtus), mais aussi contre certains cancers.
Nota bene (N.B.) et remarques pratiques additionnelles :
Les industriels vont devoir préciser la durée de l’immunisation et les effets indésirables avant la mise sur le marché de leur vaccin (Un travail de la FDA (Food and Drug Administration) américaine et des agences d’évaluation européennes (EMA – European Medicines Agency | (europa.eu)) et françaises (Anses – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et Haute Autorité de Santé – Portail HAS Professionnels (has-sante.fr) sera requis avant une application et une extension de la vaccination. …Dilemme, il faudra donc du temps…Des données scientifiques sérieuses tardent à venir!


Lire la suite

Soutien du GREP MP à la grève de la faim de Pierre LARROUTUROU.

Le CA du GREP MP s’est réuni ce mercredi 4/11/2020 et a suivi l’évolution de la grève de la faim démarrée par le Député au Parlement Européen Pierre LARROUTUROU.

Le GREP MP organise depuis 35 ans des conférences/débats sur des sujets de société. Pierre LARROUTUROU est venu au GREP :
– En 1996 : La semaine de quatre jours à la carte
– En 1998 : 35 heures ou 4 jours : un choix de société
– En 2012 : Crise sociale, crise financière, quelles sont les solutions ? Que pouvons-nous faire vraiment ?
– En 2013 : Crise sociale, crise financière : la gauche n’a pas droit à l’erreur.

Ses différentes interventions ont suscité un fort intérêt dans le public du GREP qui était venu en nombre.

Pierre LARROUTUROU a été élu du mouvement « Nouvelle Donne » au Parlement européen en 2019 et est affilié au groupe des Socialistes et Démocrates. Il a été désigné rapporteur du budget.

Depuis le 27 octobre 2020, il a entamé une grève de la faim. En effet, il réclame que le budget de l’Union européenne comporte une taxe sur les transactions financières, qui pourrait rapporter 50 milliards d’euros chaque année pour le climat, la santé ou le social.

Le GREP MP est conscient de l’importance cruciale de ce moment dans le cycle européen : la négociation du budget pour 7 ans est cours. Il faut donc profiter de ce moment pour initier toutes les actions structurantes. Le GREP MP avec ses conférenciers a largement pu comprendre l’importance de :

  • Maîtriser la finance. La taxe TOBIN réduisant le pernicieux High Frequency Trading.
  • Allouer des moyens financiers pour le climat, la santé ou le social.
  • Réguler la finance pour qu’elle redevienne au service de l’économie.

C’est pourquoi le GREP MP soutien la démarche de Pierre LARROUTUROU, invite ses adhérents et sympathisants à la soutenir, et demande à la Commission Européenne et au gouvernement français d’engager les actions permettant la mise en place de cette taxe sur les transactions financières conformément au vote du Parlement européen.

Le Président du GREP MP
Jean-Marie PILLOT

Des liens utiles pour soutenir Pierre LAROUTUROU :

Un site d’explications : https://climateandjobs.eu/fr/
Son compte twitter avec des vidéos : https://twitter.com/larrouturou
Son adresse de député : pierre.larrouturou@europarl.europa.eu

Soutien du GREP MP à Ombres Blanches et aux librairies indépendantes.

Le CA du GREP MP s’est réuni ce mercredi 4/11/2020.

  • Il a pris bonne note des consignes sanitaires de confinement mises en place dans les librairies.
  • Il a lu avec attention la tribune de Christian THOREL, directeur d’Ombres Blanches sur https://www.actualitte.com/ : “Condamner les livres au silence, une bien mince et équivoque victoire »

Le GREP MP organise depuis 35 ans des conférences/débats sur des sujets de société. Nous considérons que les décryptages et les réflexions que nous pouvons réaliser sont intimement liés à la possibilité pour nos intervenants de publier et de faire connaître leurs ouvrages. Notre partenariat avec Ombres Blanches nous a appris au fil du temps à apprécier le rôle indispensable des librairies indépendantes et singulièrement d’Ombres Blanches.

Le confinement a été défini dans un équilibre difficile entre le contexte sanitaire et le contexte économique. C’est pourquoi de nombreux magasins restent ouverts. Les magasins alimentaires bien sûr, les pharmacies, … mais aussi les magasins de bricolage, les jardineries, …  Nous considérons que le livre papier reste le vecteur de la connaissance et celui de la liberté de conscience. Il permet de développer l’esprit critique et ceci est essentiel à notre société, en particulier au vu des derniers évènements. Devant un roman, devant un essai, l’Humain pourra supporter des heures de confinement, après avoir pu passer quelques minutes pour choisir ces livres en librairie.

Nous appelons donc les autorités politiques à reconsidérer les conditions de ce confinement qui ne peut pas toucher sans discernement l’écosystème culturel du livre.

Nous appelons les librairies à s’organiser encore mieux pour une réception maîtrisée de leurs clients et la protection de leurs salariés.

Nous appelons les lecteurs à ne pas utiliser pour les achats de livre les plateformes de commerce en ligne, qui participent à la destruction de l’écosystème de la pensée.

Ce texte est signé par le Président du GREP MP Jean-Marie PILLOT,
au nom du CA du GREP MP.


Le GREP MP (Groupe de Recherche pour l’Éducation et la Prospective) est une association culturelle loi 1901, reconnue d’utilité publique. Sa mission : contribuer au débat citoyen dans la métropole toulousaine, le département et la région.

Fort de ses 34 saisons, le GREP MP contribue à la qualité du débat citoyen à travers ses différentes activités. Avec 40 évènements sur la région l’audience cumulée varie entre 2000 et 4000 participants.

Les conférences-débats couvrent de nombreux domaines : société, sciences et technologies, philosophie, économie, sociologie, histoire, politique nationale et internationale, religion, arts, littérature, ….

Le GREP MP produit un recueil annuel de ses conférences-débats, intégralement retranscrits par ses bénévoles: Parcours. On peut y retrouver des intervenants pointus ou intellectuels de renom tels que :

Edgar Morin, Louis Gallois, Bertrand Badie, Francis Wolff, Bernadette Bensaude-Vincent, Nicole Belloubet, Marcel Gauchet, André Comte-Sponville, Antoine Sfeir, Catherine Lemorton, Dominique Bourg, Irène Frachon, Anne-Marie Cohendet, Luc Boltanski, Séverine Tessier, Pierre Larrouturou, Jean-Baptiste de Foucauld, Pierre Corvol, Anne Cambon-Thomsen, Thomas Piketty, Catherine Lemorton, Olfa Youssef, Bertrand Badie, Jean-Charles Hourcade, Emmanuel Todd, Jean-Marc Lévy-Leblond, Jean-Luc Delfraissy, Edwy Plenel, Jean-Michel Besnier, †Bernard Maris …

Leurs interventions sont aussi disponibles sous plusieurs formats sur le site www.grep-mp.org

Quelle reprise économique, compatible avec la sauvegarde de la planète ?

Les questions posées sont très larges, mais je vais encore élargir. En effet, le sujet liminaire est lié à la façon dont la question est posée autour de la planète. Nous sommes aujourd’hui dans une situation où ce qui nous concerne véritablement c’est l’écosystème de l’humanité. C’est comme cela que je traiterai ce sujet.

Lire la suite

Suggestion aux membres du Groupe de travail sur la question « Quelle reprise économique, compatible avec la sauvegarde de la planète ? »

Rappel : Le groupe de travail que nous avons constitué autour de la question  posée dans le titre ci-dessus a été invité à transmettre de possibles éléments de réponse en 2 ou 3 pages d’ici le 31 juillet à l’un des signataires.

Afin qu’il soit raisonnablement  envisageable  de faire une synthèse des différentes propositions, nous suggérons que, dans la mesure du possible, celles-ci s’organisent  autour des 5 questions ci-dessous :

Lire la suite

Une synthèse de nos « Lectures Associées – spécial COVID »

L’atelier lectures associées nous a conduits à réfléchir sur de nombreux textes, les uns philosophiques, les autres versés dans les sciences humaines. L’échange par visio conférence était un moyen non pas de « s’ennuyer en commun » comme le dit Schopenhauer parlant de la parade que trouvent les hommes pour lutter contre la solitude, mais de mettre en question des visions de vie car comme le dit Alain, « plus on sort de soi-même et plus on est soi-même ; mieux aussi on se sent vivre ». En effet, les dialogues, les arguments avancés par les uns ou les autres nous obligent à préciser, à questionner les fondements même de ce qui est pensé, à nous affranchir de quelques préjugés, de pensées « toutes faites »  en les passant au crible de la réflexion des autres.

Pierre Zaoui se demande « ce qu’on peut bien expérimenter quand on reste toute la journée enfermé chez soi et entre soi ». Chaque expérience est en soi rétrécie et sans intelligence commune des expériences diverses, il est difficile d’enrichir sa pensée » car il s’agira, dit Abdennour Bidar, de « nous engager à changer notre façon de vivre ».  « Avant nous étions déjà enfermés mais nous ne le savions pas.  Nous n’espérons qu’une chose : sortir du confinement et que rien ne soit plus comme avant ».

Lire la suite

Un essai de synthèse des lectures des articles de philosophie magazine durant la période du confinement

Sylvie Sanchez-Oliver
Membre de l’atelier lectures associées pour le Grep

Dès le départ nos lectures des articles de philosophie magazine m’ont permis de prendre conscience de la différence entre le politique et la politique avec l’article de Marcel Gauchet.

1- Le politique qui permet de mettre en place le confinement pour protéger la population car c’est

«ce qui assure l’existence et la permanence d’une communauté, d’une règle collective qui s’impose à tous parce qu’elle engage la vie et la mort de chaque membre. ».

Lire la suite

Un projet post-COVID?

Jacques Périé

GREP – MP       

                                  Une suggestion à mes amis / amies du CMA

Résumé : Comme de nombreux grands esprits le font remarquer, il serait bien regrettable que les humains ne mettent pas à profit la présente crise pour infléchir leur parcours. Avec sa réflexion accumulée et actuelle, le GREP a sans aucun doute l’occasion de  susciter  un débat dans la région, débat à élargir dans un premier temps à d’autres partenaires puis à porter auprès des instances de décision.

                                    _______________________________

Un grand bravo tout d’abord à ceux / celles qui  maintiennent le GREP bien vivant malgré les conditions difficiles du moment. Ces viséo-conférences et contacts sont une belle réussite. J’ai assisté pour ma part à celle sur les «  Technosciences » et j’ai pu prendre la mesure de ce que cela pouvait représenter en termes d’organisation. Je suis également impressionné par le fait que la commission «  Prospective » poursuive ses travaux comme elle le fait, ou encore que Sylvie Sanchez continue d’animer un groupe, en autres, autour de textes de Bruno Latour ( Imaginer les gestes barrière contre le retour et la production d’avant crise   https://aoc.media/opinion/2020/03/29/imaginer-les-gestes-barrieres-contre-le-retour-a-la-production-davant-crise/      ).

Cela m’a donné l’idée suivante que je vous soumets : serait-il possible que tout ce travail et quelques compléments éventuels soient mis en forme en vue d’une contribution, qu’avec d’autres mouvements, le GREP apporterait à ce débat qui prend forme sur «  l’après coronavirus » ?

Lire la suite

Du bon usage de la crise du coronavirus

Michel Rouffet 13/05/2020

(Version revue en fonction des évolutions constatées et des remarques de mes lecteurs)

« Nous sommes appelés à plein poumon à faire neuf ce qui était vieux »
Christiane Singer, auteure, « du bon usage des crises »

Avant-propos

(Le 16/4/2020)

Le coronavirus semblant éteindre ses effets en moi et le confinement prolongé me donnant une opportunité de réfléchir, je m’essaie avec beaucoup de modestie à prendre du recul sur l’épisode  exceptionnel (certes de souffrances, mais aussi de promesses d’avenir) que nous sommes en train de vivre ; je n’ai aucune compétence particulière en biologie, ni en économie… mais un simple désir de citoyen de mieux comprendre ce qui se passe et de participer à construire un monde meilleur

Quels sont les faits avérés de cette épidémie ?

Quelles questions pose-t-elle ?

Quel monde souhaitons-nous rebâtir après le coronavirus ?

(le 13-5-2020)

Les questions posées le 16 avril me semblent encore plus d’actualité ; peu de ces questions ont trouvé entre temps une réponse ; E Morin parle même d’ « un festival d’incertitudes »

1-Les faits :

Les virus sont des molécules de protéines recouvertes d’une couche protectrice de lipides, qui, lorsqu’elles sont absorbées par une muqueuse oculaire, nasale ou buccale, modifient leur code génétique et les convertissent en cellules de multiplicateurs et d’agresseurs ; les virus se reproduisent en utilisant le métabolisme des cellules-hôte (université John Hopkins)

Les virus semblent accompagner de tout temps les différentes formes de vie. 75% des virus qui atteignent l’homme proviennent d’animaux.

  • Le coronavirus COVID19 est un virus jusque-là inconnu, transmis à l’homme par un animal (pangolin) en Chine fin2019. NB l’hypothèse « complotiste » d’une fuite d’un laboratoire chinois semble peu probable

Lire la suite

%d blogueurs aiment cette page :