« L’être humain face au défi des technosciences » : les 3 enseignements majeurs du colloque Grep/Esof 2018

 

Au final ce colloque est un grand succès, même si ses enseignements ne sont pas tout à fait ceux que l’on pouvait imaginer au départ. Impressions toutes personnelles :

  • Les dernières ruptures introduites par les technosciences dans les chaines du savoir et du pouvoir sont exceptionnellement structurantes. Elles modifient en profondeur les modalités d’être, d’avoir, ainsi que la loi des échanges entre les humains – et de ces humains au sein de leur environnement. Nous l’avons touché du doigt avec la série des présentations tout au long colloque : avec le Crispr-Cas9 et l’IA qui sont actuellement sous les feux de l’actualité ; mais également avec les NBIC, le big data, la blockchain, qui représentent de véritables « disruptions » dans la progression de l’autonomie humaine au sens que lui avaient conféré les Lumières;
  • Les attentes à l’égard des technosciences sont grandes, mais le risque est celui de la dépossession. S’en remettre aux innovations technoscientifiques à venir pour résoudre les enjeux sociétaux actuels serait une stratégie perdante, car elle supposerait l’acceptation d’une dépossession de soi au profit de la rationalité inhérente à ces technosciences – une rationalité qui fait de l’efficacité au sens technique et économique une priorité, risquant de reléguer l’humain au rang de variable d’ajustement. L’enjeu consiste à éviter un transfert définitif de la légitimité du libre arbitre individuel et des institutions politiques à des processus de légitimation technicoéconomiques. C’est en gardant la main sur ces processus que l’humain pourra affronter de façon conquérante les défis des technosciences ;
  • Les technosciences appellent donc de nouvelles Lumières , et il faut bien constater que ce colloque, qui a superbement éclairé et pointé ce besoin, n’a pas livré de solutions clé en mains pour le satisfaire. Cependant, il a mis en exergue une possible nouvelle mobilisation de forces vives sur ce terrain, mobilisation qui s’est exprimée de deux façons. Tout d’abord au travers de la fraicheur et de la puissance des réflexions collectives de 34 étudiants, représentant 13 filières universitaires toulousaines, organisés dans le cadre du programme Student Ex Machina; d’autre part au travers du succès et du dynamisme déployé par les intervenants et les auditeurs du colloque pour sortir des sentiers battus et imaginer des solutions à la hauteur des problématiques soulevées par les technosciences.

Publié le 13 mai 2018, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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