IA – Q0006 – Esprit es-tu là ?

Avertissement

I.A. par ci, I.A. par là, l’ I.A. est partout. D’aucuns pensent inévitablement que la ‘blogueuse’ face à l’omniprésence de l’I.A. ne fait pas le poids. Je les rassure, je le pense aussi. C’est avec humilité que je sais ‘l’omniprésence‘ comme attribut des ‘dieux’ et des ‘idoles‘ incrustés, incorporés, fossilisés dans différents univers.

Réjouissance

Transgenre et transformiste, L’ I.A., par essence, est insaisissable. Mais elle est comme moi : ‘naïve’. ‘Elle n’a même encore jamais rencontré ce qu’elle sera’. Quand à nous, pour jouer avec un de ses prototypes dits ‘agent conversationnel, on peut s’approcher, en conscience, au moins pour une fois ‘gratuitement’, d’une I.A. Ces ‘chatbots’, de leur autre nom, portent aussi celui de leurs marques en concurrence féroce. Pouvoir librement analyser cela, c’est extrêmement inspirant. Après la détection des problèmes que ces machines nous posent vient l’envie de les ‘problématiser.’ Cela vient aux oreilles du ‘Corps Enseignant’, il s’en réjouit. Voici qu’un philosophe touché dans son ‘champ de compétences‘ répond .

L’ inattendu

Pour mon anniversaire une surprise. Parmi les cadeaux reçus, c’est un stimulant sous forme de livre qui me parle de l’esprit. Je l’avais déjà évoqué ce livre sur le blog car je l’avais entrevu à la Grande Librairie. Puis je l’avais oublié. Les pensées, réflexions, observations, chroniques, livres, plateaux TV ou radio irrémédiablement se chassent les uns des autres ‘dans nos esprits’. De là à dire que, pour tous ces médias de masse ‘nos esprits’ sont leur terrain de chasse, il n’y a qu’un pas. La fête de mon anniversaire une fois finie je me jetterais sur L’ esprit artificiel de Raphaël Enthoven. Paru au début de l’année en train de se boucler |janvier 2024| aux Éditions de l’Observatoire, je constate que celles-ci portent bien leur nom. Elles permettent au lecteur de découvrir de beaux points de vue sur le sujet traité. Juste après le chapitre Gargantua, et avant celui de Ménon, dans le chapitre qui a pour titre tout simplement : L’ esprit , une phrase tout particulièrement me séduit.

La problématique


Page 75. « L’obtention d’une problématique n’est pas une affaire de connaissance ou de puissance de calcul, mais une affaire de désir, de curiosité, de candeur, d’intention, de révision, de vie enfin.« 

La question principale

Merci professeur Enthoven, vous venez de réveiller mon désir, en attisant ma curiosité. J’ai la candeur de croire actuellement, que loin d’avoir assimilé ce que nos ancêtres nous ont légués, nous frôlons l’indigestion pour certains, ou bien, nous mourrons d’inanition devant un tas de comestibles pour d’autres. Voilà que j’ai envie de réviser l’Art de la thèse, Michel Béaud, Guides repères, la Découverte, 1996. Ma vieille édition page 33 dit : « La problématique ne tombe pas du ciel (…) double travail antérieur (…) débroussaillage, dégrossissage (…) Prise de conscience de l’ampleur du domaine de travail, des interrelations avec d’autres, de la complexité (…) multiplicité des questions, des axes d’approche (…) Importance des domaines à étudier – soit que la matière est surabondante, soit qu’elle paraisse inexistante (…) le choix d’une question principale (…) qui doit être cruciale, essentielle, centrale par rapport au sujet choisi. »

L’ indéfinissable

Pages 75-76.* « C’est à l’intérieur et de l’intérieur que travaille la philosophie, dans ce lieu indécis qu’on appelle un esprit, qui n’est déjà plus ce qu’il était , qui n’est pas encore ce qu’il sera, en qui la pensée s’éprouve en chaque émotion, où les idées se jouent des contradictions (…) Tout cela , encore une fois porte un nom : l’esprit qui ramasse , à tout instant, en décisions uniques la profusion de nos apprentissages, qui accueille l’entrelacs des émotions (…) «  * L’Esprit artificiel – Une machine ne sera jamais philosophe, Raphaël Enthoven, édition de l’Observatoire, 2024.

Répercussions

Le projet qui m’anime c’est la critique du ‘simulacre’, ce que à tort ou à raison, on veut nous faire prendre pour ‘de la mélodie de l’esprit’ selon l’expression du philosophe enseignant R. Enthoven. Le simulacre ce sont des chiffres déguisés. Depuis que j’ai lu Joël de Rosnay, il y a des décennies, je ne vois plus les ‘êtres mathématiques’ de la même manière. J’ai l’œil macroscopique comme lui , ‘en son temps’, temps qui était proche de la période glorieuse des travaux de mon père. Aujourd’hui comme hier, mon computer qu’il soit sur mon bureau ou dans le creux de ma main n’a rien, à priori, de spirituel. C’est un peu plus qu’un outil, plutôt un outillage pour la bureaucratie des gros ensembles de tâches dont ont besoin nos activités. Mais je sais qu’il y a du ‘sacré’ dans l’assemblage des appareillages avec lesquels je travaille, à commencer par le travail des humains qui les ont et conçu fabriqué. Controverses et réflexions autour de ce sujet peuvent être appréhendées à partir d’un commentaire de texte d’un ouvrage majeur dont certains s’emparent aujourd’hui pour en faire des thèses, donc des problématiques. Le domaine de leur travail est celui du mode d’existence des objets techniques hérité de la pensée d’un certain Gilbert Simondon.

Le biographème*

J’avais 10 ans lors de la 1ère publication |1958| de ce complément à la thèse de Gilbert Simondon par Gilbert Simondon qui lui avait 34 ans. A cet âge depuis plusieurs années pour pouvoir rencontrer un peu mon père durant certaines périodes de sa vie professionnelle je devais avec ma mère aller les samedi et dimanche dans son laboratoire. Nous quittions la rue Lepic pour aller rue Haxo le voir travailler ‘au pied de ses machines’. Pendant des semaines il ne les quittait pas. ‘Machine à graver’, et ‘machine à gaufrer’, avaient besoin du soin des humains. Il fallait environ quarante jours pour graver une ‘matrice’ et quand cette matrice une fois achevée faisait pression sur les bobines de film émulsionnés pour les ‘gaufrer’ il fallait impérativement être là. C’était fascinant, les éléments du corps de ses machines étaient animés de mouvements. Bougeant, ils faisaient du bruit se frottant les uns aux autres. De plus la ‘machine à gaufrer’ travaillait en faisant tout cela dans le noir. Les deux salariés de mon père ne pouvant assurer ce service régulièrement, quand il le fallait, c’est lui, mon père, qui s’y collait |aux machines|. En gros voilà ce que je vivais et ce que l’on disait à la petite fille que j’étais. En ce temps là les machines de mon père avaient tellement d’esprit pour moi que je les considérais comme étant de la famille, les fréquentant régulièrement, jouant avec les copeaux de cuivre de l’une , les chutes de matière plastique de l’autre, je m’étais mise, moi la fille unique, à les considérer comme des grandes sœurs. * https://ecrisoi.univ-rouen.fr/dictionnaire/biographeme

L’ incontournable citation


Page 102. * « L’un des rôles techniques, celui de l’individu, avait été tenu jusqu’à nos jours par des hommes; (…) Dans tous les jugements qui sont portés sur la machine, il y a une humanisation implicite de la machine qui a pour source profonde ce changement de rôle ; l’homme avait appris à être l’être technique au point de croire que l’être technique devenu concret se met à jouer abusivement le rôle de l’homme. les idées d’asservissement et de libération sont beaucoup trop liées à l’ancien statut de l’homme comme objet technique pour pouvoir correspondre au vrai problème de la relation de l’homme et de la machine. Il est nécessaire que l’objet technique soit connu en lui-même pour que la relation de l’homme à la machine devienne stable et valide : d’où la nécessité d’une culture technique. »

* Du Mode d’existence des objets techniques , Paris, Aubier, 1958 (réimpr. 2012), 367 p.

L’ interrogation fondamentale

Dans le chapitre Gargantua, page 67, le prof Enthoven – celui-là même qui a bien voulu ‘s’y coller’ à ‘la problématique’ – inaugure cette partie avec l’assertion d’un auteur impliqué dans l’I.A..Il le cite, de facto il juge à sa façon ce que dit l’auteur reprenant à son compte les quelques mots. Partie de ping-pong.

 » Désormais, les ordinateurs s’éduquent plus qu’ils ne se programment » * . « Déclare Laurent Alexandre Voiré. Si c’est le cas quelle éducation lamentable. »

Ce constat en forme d’affirmation péremptoire est tiré de * La Guerre des intelligences à l’ère de ChatGPT, JC Lattès 2023. Seule une onomatopée – Gloups – peut traduire l’instant de sidération qui a parcouru mon échine d’homininé à cette courte lecture. Heureusement la figure de l’ogre Gargantua, à point nommé, est venue m’apaiser donc ‘apaiser mon esprit‘ pour une « résurrection opportune  » comme dit le prof à propos de « la mémoire de tout être humain ». Ouf !

La maladroite conclusion

Béaud, de Rosnay, Enthoven, Gargantua, Ménon, Simondon, Voiré s’agirait-il d’éducation ? Mais alors comment apprendre aux générations présentes et aux futures générations ce que la ‘machine’ I.A. débite sans savoir et que ni eux ni les enfants ne savent ? @ + MFB ©

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À propos de MFB7581

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Publié le 25/12/2024, dans Non classé, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

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